La Parabole du Père Aimant

    La Parabole du Père Aimant

    Comme le Sauveur enseignait en Galilée, un groupe de publicains et des gens de mauvaise vie s'approchèrent pour l'entendre.  Cela provoqua chez les Pharisiens et les Scribes un grand murmure à cause du genre de  compagnie que Jésus avait.[1]  En réponse à ces murmures, le Sauveur raconta trois paraboles qui traitent de ceux qui se sont égarés. Tout d'abord, Il raconta la parabole de la brebis perdue mettant en exergue, l'effort pour trouver la brebis qui s'était égarée et la joie de son retour.  L'application de cette parabole fut clarifiée par Jésus: «[D]e même il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent. . .» [2] Ensuite, Il raconta la parabole de la drachme perdue, soulignant une fois encore l'effort consenti et la joie après l'avoir retrouvée.  L'application de cette parabole, une fois de plus, fut clairement indiquée par le Sauveur: «De même, je vous le dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent.»[3]

     L’Enfant Prodigue

    L’Enfant Prodigue

    La troisième parabole est plus connue sous le nom de la parabole de l'enfant Prodigue, mais  on pourrait l'appeler à juste titre la parabole du Père aimant.  Dans cette parabole, le Sauveur raconte l'histoire d'un homme qui demande et obtient de son père, sa part d’héritage  et qui s'en alla dans un pays lointain.  Dans ce pays lointain, le fils « dissipa son bien en vivant dans la débauche» [4] Lorsqu'il eut tout dépensé, il alla se mettre au service d'un agriculteur, mais se trouva toujours dans le besoin.  Il enviait même les pourceaux qu'il gardait, qui avaient au moins quelque chose à manger.[5]  

    «Il Entra en Lui-même»

    Il Entra en Lui-même

    Comme il réfléchissait à son dénuement, les pensées du fils se tournèrent vers le retour à la maison.  Il se rendit compte que les mercenaires dans la maison de son père vivaient mieux que lui.  Il «entra en lui-même» et reconnut qu'il avait péché contre le ciel et contre son père.[6]  Il décida donc d'un plan.  Il prit la résolution de rentrer à la maison.  Il était prêt à avouer à son père ses erreurs, avouer son indignité d'être son fils, et plaider pour être traité comme l'un de ses mercenaires.  Avec un tel discours en tête, il entama le retour à la maison.[7]   

    Le Père court à la rencontre de son Fils Égaré

    Le Père court à la rencontre de son Fils Égaré

    A ce moment de l'histoire, le Sauveur ajouta quelques détails très importants.  Comme le fils était «encore loin», le père le vit et fut ému de compassion, il courut vers lui, se jeta à son cou et lui donna un  baiser.  Le fils tenta de donner son discours, mais n'alla pas plus loin que la confession de ses péchés.  Le père demanda qu'on lui apporte une robe pour le vêtir et un anneau à être mis au doigt de son fils. Il ordonna à ses serviteurs de tuer le veau gras pour célébrer les heureuses retrouvailles.[8] La joie du père au retour de son fils est incommensurable.

    Le Père Aimant Qui Pardonne

    Le Père Aimant Qui Pardonne

    Toutes les trois paraboles parlent de la retrouvaille de ce qui a été perdu, mais l'accent de la troisième parabole est différent de celle des deux premières.  L'accent de la troisième parabole est mis sur les actions du père de l'enfant prodigue qui lui revient.  Pour moi, l'aspect le plus important de cette parabole est ce qu'elle nous dit au sujet de la réaction de notre Père céleste lorsqu'un d'entre nous revient à lui: Il «court» pour nous embrasser.  Jeffrey R. Holland a enseigné:

    L’image touchante du père empressé et fidèle qui court à la rencontre de son fils et le couvre  de baisers est l’une des plus touchantes et qui exprime le plus, de compassion de toutes les saintes Écritures.  Elle dit à chaque enfant de Dieu, égaré ou non, combien Dieu veut que nous revenions dans Ses bras protecteurs.[9]

    J'ai vu l'amour de Dieu pour l'enfant prodigue se manifester à plusieurs reprises,  en voyant les gens revenir à Lui.  En tant que dirigeant de la prêtrise, la première fois que j'ai écouté un membre repentant confesser ses actes répréhensibles, j'ai été quelque peu surpris de la force et la profondeur de l'amour de Dieu pour ce membre que j’ai ressenties.  Ce sentiment m'est revenu chaque fois que j'ai aidé quelqu'un dans le processus de la repentance.  Quand j'étais évêque, un homme était venu dans notre paroisse. C’était un homme qui avait été, des années auparavant, un membre fidèle qui aimait aller au temple. Dans les années qui ont précédé son arrivée, il s'était éloigné de Dieu et des normes de l'Église.  Quand il a déménagé dans le secteur de notre paroisse, il était prêt à revenir à Dieu. Il s'est repenti et a ensuite travaillé  pour être digne d’une recommandation à l'usage temple.  Quand il fut finalement prêt, j'étais avec lui quand il est retourné, pour la première fois après des décennies, dans la maison du Seigneur.  Nous fûmes tous deux remplis de l'amour de notre Père céleste pendant que nous étions assis ensemble dans le temple.  L'étreinte, le baiser, la  robe et l'anneau décrits dans la parabole de l'enfant prodigue semblaient tous être réunis pendant que j'étais assis avec un fils de Dieu qui était «entré en lui-même», s'était repenti et était  retourné au saint temple de Dieu.

    Revenir à Dieu

    Revenir à Dieu

    A plusieurs reprises l'invitation à revenir à Dieu est lancée dans les Écritures.  La voix de Dieu a dit aux Néphites: «combien de fois vous rassemblerai-je, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, si vous vous repentez et revenez à moi d’un cœur pleinement résolu.»[10]  Par l'intermédiaire du prophète Malachie, le Seigneur a dit : «Revenez à moi et je reviendrai à vous.»[11]  Dans la prière de consécration révélée du Temple de Kirtland,le prophète Joseph Smith a prié: «Et afin que lorsque quelqu’un parmi ton peuple transgressera, il se repente promptement, revienne à toi, trouve grâce à tes yeux et soit rendu aux bénédictions que tu as destinées à être déversées sur ceux qui te révéreront dans ta maison.»[12]

    L’une des grandes bénédictions que nous avons en tant que membres de l'Église de Dieu est l'opportunité que nous avons de L'aider à faire revenir ses enfants et à les rendre pleinement actifs dans son Église.  Le Président Thomas S. Monson a demandé à chacun d'entre nous d'aller à la rescousse de ceux qui se sont éloignés.[13]  En le faisant, nous aidons les enfants de Dieu à ressentir l'étreinte chaleureuse d'un Père céleste aimant qui attend de les accueillir à nouveau dans Sa bergerie.

    Au fil des années, J’ai vu de nombreuses présidences de Société De Secours aimantes.  Une de ces présidences était exceptionnellement bonne à accueillir les gens dans notre paroisse, et avec d'autres membres du conseil de paroisse, à trouver des moyens pour que les nouveaux membres participent aux activités de la paroisse.  En apprenant à mieux connaître ces nouvelles personnes, nous avons parfois été surpris d'apprendre qu'elles n'avaient pas été très actives dans leurs paroisses précédentes.  Ces nouveaux membres de la paroisse ont apprécié la compagnie des autres membres. Nous les avons vus progresser dans l'Église et, à plusieurs occasions, avons été avec eux au temple quand ils ont reçu les ordonnances du temple.  A une de ces occasions, le père de l'un de ces membres m’approcha dans une salle de scellement du temple et a dit: «Je ne pourrai jamais vous remercier assez pour ce que votre paroisse a fait pour mon fils.»  Il n'avait pas à nous remercier.  Chacun d'entre nous présent ce jour-là a pu ressentir l'étreinte spirituelle  de notre Père céleste plein d'amour pour le fils de cet homme et sa famille.

    Le Fils Ainé

    Le Fils Ainé

    Bien sûr, la parabole du fils prodigue ne s'arrête pas avec le père embrassant son fils précédemment égaré et célébrant le retour de celui-ci.  Le père avait un fils aîné qui n'avait pas gaspillé les biens familiaux en vivant dans la débauche, mais qui était consciencieusement resté aux côtés de son père.  Mais lorsque ce fils aîné fut  mis au courant  de la célébration du retour de son frère, il fut en colère.  Il en voulut à l'attention et à l'argent dépensé sur l'autre fils, et il le condamna pour ses attitudes pécheresses précédentes. Dans la parabole, le père aimant quitta la fête et sortit voir le fils aîné. Il le supplia de se joindre à la fête.   Ses paroles adressées à ce fils sont pleins d'amour pour les deux fils.[14] :

                Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi.

    Mais il fallait bien s'égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et

    qu'il est revenu à la vie, parce qu'il était perdu et qu'il est retrouvé.[15]

    Il y a un avertissement à notre égard dans l'exemple de ce fils aîné.  L'amour de notre Père céleste pour tous ses enfants est incommensurable, et il n'est pas nécessaire d'en vouloir à cet amour parce qu'il se manifeste dans la vie des autres.  Non seulement il y a beaucoup d'amour pour nous, mais aussi nous partageons plus pleinement l'amour quand nous célébrons non pas seulement le retour de l'enfant prodigue, mais  aidons également le plus grand nombre possible à revenir à la bergerie «en bonne santé».[16]

    Conclusion

    Conclusion

    En enseignant  les publicains et les pécheurs, Jésus nous a montré ce que nous devrions tous faire, à savoir: aider nos frères et sœurs à connaitre notre Père céleste et à venir à Lui.  Grâce à la parabole de l'enfant prodigue, nous pouvons entrevoir un aperçu de l'amour que notre Père céleste a pour ses enfants, et ce qu’il ressent quand l'un d'eux prend des mesures pour se repentir et revenir à Lui.  C’est un amour «surpasse toute connaissance».[17] Nous n'avons pas seulement le privilège de ressentir l'amour qu'Il a pour nous, mais aussi l'amour qu'Il a pour nos frères et sœurs lorsque nous aidons dans la grande œuvre qui consiste à les aider à «entrer en eux-mêmes», et, plus important encore, à venir à Dieu. 

    [1] Luc 15:1

    [2] Luc 15:7

    [3] Luc 15:10

    [4] Luc 15:13

    [5] Luc 15:15-16

    [6] Luc 15:17-18

    [7] Luc 15:18-20

    [8] Luc 15:20-24

    [9] Jeffrey R. Holland, “L'autre fils Prodige,” Liahona, Juillet 2002.

    Liahona,

    [10] 3 Néphi 10:6

    [11] Malachie 3:7

    [12] Doctrine et Alliances 109:21

    [13] Voir par exemple, Président Thomas S. Monson, «Notre Responsabilité de Secourir», Liahona, .Octobre 2013, p. 1.

    Voir par exemple,
    Liahona

    [14] Luc 15:25-28

    [15] Luc 15:31-32

    [16] Luc 15:27

    [17] Ephésiens 3:19