Les Miracles ont-ils Cessé?

    Les Miracles ont-ils Cessé?

    Un vieil homme, âgé de plus de 80 ans, est venu au Temple d'Accra, Ghana avec un groupe de saints de Nkawkaw où il vit seul. Le groupe a passé la nuit à l'Auberge du Temple, dans les chambres réservées aux travailleurs du temple, afin qu'ils puissent passer deux jours à servir dans le temple.

    Dans la matinée du 27 Avril 2012, le vieil homme était assis sur un banc à l'intérieur du vestiaire des hommes du temple, attendant de faire des ordonnances d'initiation.

    En quelques minutes, un autre homme de 54 ans, est venu s'asseoir à côté de lui. L'homme le moins âgé avait prévu d'assister à la session de dotation ce matin avec son épouse et les autres membres de sa paroisse, mais était arrivé dans le temple trop tard. Il décida plutôt de faire les ordonnances d'initiation.

    Le vieil homme a demandé au plus jeune d'où il venait.

    « Sekondi, » fut la réponse.

    « Où à Sekondi? » Demanda le vieil homme.

    « De Ketan »

    « De quelle partie de Ketan? »

    Où se trouvent les écoles publiques.

    «J'ai des enfants qui y vivent,» dit le vieil homme.

    Avec un sentiment plein de reconnaissance, le plus jeune le regarda attentivement et lui dit: « Tu es mon père. »

    Au même moment, un servant au temple s'approcha pour inviter le vieil homme dans la salle d'initiation. Une quinzaine de minutes plus tard, quand il finit l'ordonnance, le vieil homme se retourna et demanda immédiatement : « Quel est votre nom? »

    « John Ekow-Mensah,” répondit le jeune homme. »

    « C'est aussi mon nom. Tu es mon fils.»

    Le jeune John Ekow-Mensah fut appelé ainsi après son père et son grand-père; les pères et les fils depuis trois générations consécutives ont porté le même nom. Quand le garçon était très jeune le mariage de ses parents fut dissous et le père est parti. Le garçon était âgé de quatre ou cinq ans à l'époque. Lui et ses trois jeunes sœurs ont été élevés par sa mère et sa famille. John n'a jamais revu son père jusqu'à ce vendredi, 27 Avril 2012, au sein du temple. Mais parfois, quand il se conduisait mal, sa mère lui disait qu'il était « une copie » de son père.

    Le jeune John a grandi et s'est marié. Sa femme et lui avaient décidé de trouver une église à laquelle ils pourraient se joindre. John était sorti de l'école à l'Université du Ghana à Accra quand il aperçut un Liahona sur une étagère. Il se retrouva intéressé parce qu'il avait à dire, et a remarqué le nom de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours comme l'éditeur.

    Lorsque John est revu de l'école à son domicile à Sekondi, sa femme voulait lui parler d'une église dont l'une de ses amies lui avait parlée. Elle a dit qu'elle s'appelait, l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. John lui a dit que c'était l'église au sujet de laquelle il avait lu dans un magazine à l'université.

    Le jeune John et son épouse, Deborah, ont été instruits sur l'évangile et baptisés en 1999. En 2009, ils ont été scellés avec les trois plus jeunes de leurs cinq enfants dans le Temple d'Accra, Ghana. John travaille avec le Conseil national pour l'Education Civique, et Deborah tient une boutique.

    À l'insu du jeune John, son père avait passé la plupart de sa vie en tant que peintre. Il avait vécu à Mankesim d'environ 1983 à 1989, et géra une petite boutique. De là, il avait déménagé à Ada, près de Tema, à proximité des mines de sel. Alors qu'il vivait à Ada, il fit la connaissance d'une femme qui vivait dans un immeuble qu'il peignait. Elle était membre de l'Église et elle lui a présenté l'évangile. Il fut baptisé Saint des Derniers Jours à Asunafu, au Ghana, en 1991.

    Bien que leurs chemins se fussent séparés dans la vie, le père et son fils avaient tous deux trouvé l'évangile. Vingt et un ans après le baptême du père et 13 ans après celui du fils, ils ont été réunis pendant une réunion miraculeuse au sein du temple. Après cette rencontre, ils ont pris part à une session du temple, puis se sont assis dans la salle céleste ensemble, ont renoués leurs vies, et ravivés leur amour.

    Qu'est-ce qui a amené le vieil homme loin de sa famille, et pourquoi n'avait-il pas essayé de revenir ou au moins communiquer avec eux? Le jour après que le père et le fils se soient retrouvés, nous avons interrogé les deux hommes à nouveau et, tandis que nous écoutions, le fils sut pour la première fois pourquoi son père était parti. En fait, bien que la joie du fils à retrouver son père avait été évidente (selon Sœur Gaye Briellatt, l'intendante du temple, des larmes ont coulé) sa joie ne sembla pas tout à fait complète. Bien que tout ce qu'il a dit et fait était respectueux et correct, il nous a semblé pas tout à fait prêt à embrasser son père de tout cœur. Nous nous sommes demandé s'il ne pourrait pas encore avoir un certain ressentiment sur la disparition inexpliquée de son père de sa vie.

    Mais encore, quand nous avons parlé aux deux le samedi, le père a expliqué à son fils ce qui s'était passé. Au sein de leur tribu, la plus ancienne femme chef de tribu détenait un pouvoir souverain. Tout ce qu'elle exigeait, tout le monde dans la grande famille était obligé de le faire. Dans ce cas, cette femme chef de tribu était la grand-mère de la femme de l'aîné John Ekow-Mensah, et elle était violemment opposée à son mariage avec sa petite-fille. C'était son insistance qui imposa la séparation de ce couple, et ruina tout espoir pour John de tenter de maintenir un contact permanent avec sa famille. En outre, il a dû aller partout où il pouvait trouver du travail, parfois loin. Les téléphones n'existaient pas à leur époque, ni le service de messagerie. Dans cette culture, l'expulsion de la famille rompait tous les liens. Le jeune John avait connu son arrière grand-mère comme une femme forte et travailleuse, mais pas comme le pouvoir qui l'avait privé de toute association avec son père naturel pendant près de cinquante ans.

    Nous avons regardé et écouté comment la révélation de la véritable histoire et la redécouverte du fils ont amené l'un et l'autre à une plénitude. Le bonheur dans leurs yeux semblait plus brillant que le soleil de l'Afrique de l'Ouest qui baignait le feuillage vert qui nous entourait ce matin, pendant que nous étions ensemble à l'extérieur du temple.

    Bien que certains appelleraient les retrouvailles d'Ekow-Mensah une coïncidence, nous nous demandions: Que ce serait-il passé si le vieux John n'avait pas aménagé dans une ville et peint une maison où l'un des rares membres de l'Église au Ghana a vécu? Que ce serait-il passé si quelqu'un dans une université du Ghana n'avait pas laissé une copie du Liahona dans une salle d'étude? Que ce serait-il passé si une paroisse et une branche du Ghana, six ou sept heures de route l'une et l'autre, n'avaient pas planifié leur voyage au temple le même jour? Que ce serait-il passé si le jeune John n'avait pas manqué sa session de dotation? Et s'il n'avait pas décidé de faire l'initiation?

    En observant les visages radieux du père et du fils lors du deuxième entretien, ce samedi matin, nous nous sommes souvenus de ces paroles de Moroni, qui à cette occasion semblaient presque audible: « C'est pourquoi mes frères biens aimés, les miracles ont-ils cessé parce que le Christ est monté au ciel?... Voici je vous dis que non; et les anges n'ont pas cessé non plus de servir les enfants des hommes. » (Moroni 7:27, 29)