Message de la Présidence de l'Interrégion : Redevenir Actif dans l'Église en Ecoutant l'Esprit

    Message de la Présidence de l'Interrégion : Redevenir Actif dans l'Église en Ecoutant l'Esprit

    La vie est pleine d'expériences d'apprentissage.  Beaucoup de belles vérités sont découvertes à l'aide de nos sens spirituels plutôt que nos sens physiques.  En effet, il semble que les choses les plus importantes dans la vie sont les choses qui sont invisibles à nos yeux physiques.

    L'apôtre Paul, a enseigné ce principe aux saints de Corinthe. 'Parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles.' (2 Corinthiens 4:18)  L'amour ne s'apprend pas et ne se ressent pas principalement par les sens physiques.   De même, la compassion et l'amitié sont les choses de l'esprit.

    J'ai passé la grande partie de ma vie dans la l'Interrégion du Pacifique.   Cette Interrégion de l'Église est très diversifiée, avec des pays développés et sophistiqués comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande.  D'autres pays comme le Tonga et le Samoa, où les membres de l'Église représentent une forte proportion de la population, sont principalement des nations d'agriculture de subsistance et de pêche.   Ensuite, il y a des pays en voix de développement comme la Papouasie Nouvelle-Guinée et les îles Salomon où les infrastructures sont pauvres et les gens sont en proie à des défis majeurs.  Cette diversité offre des occasions d'apprentissage.

    Une telle expérience d'apprentissage se démarque.  En tant que Soixante-dix d'Interrégion, j'avais été désigné pour présider une conférence de pieu en Nouvelle-Zélande. Seulement quelques mois avant, le Président Monson a prononcé un discours des plus puissants à tous les Soixante-dix du monde.  Il s'agissait de sauver ceux qui s'étaient écartés des ordonnances de l'évangile.   À la suite de son discours et par conséquent du défi qui nous fut lancé, je me suis senti l'urgence de profiter de chaque occasion pour visiter et inviter ceux qui ne participent pas pleinement à l'évangile à revenir aux alliances et aux ordonnances du salut.

    Ce faisant, j'en avait fait une pratique régulière d'inviter le président de pieu à me prendre avec lui pendant le week-end de la conférence de pieu pour visiter quelques-uns des membres qui étaient inactifs.  Ces visites, même si souvent faites au cours d'une journée pleine de réunions, quand j'étais fatigué au contraire, ont toujours été merveilleuses.  Les peuples du Pacifique ont souvent une profonde compréhension de l'importance des choses 'invisibles'  décrite par Paul et beaucoup donnent clairement la priorité aux choses de l'Esprit sur les besoins physiques.

    Au cours de ce week-end particulier de la conférence de pieu , le président de pieu et moi avons visité plusieurs familles. L'une de ces familles se composait d'un mari et sa femme qui étaient mariés depuis une dizaine d'années et avaient été scellés dans le temple, mais étaient maintenant inactifs. Nous avons été accueillis chaleureusement et nous eûmes une visite spirituelle.  Comme la visite se terminait je me suis senti poussé à dire au mari que je sentais que je devais lui donner une bénédiction, et que nous aimerions qu'il  bénisse aussi sa femme. C'était inhabituel pour moi de le faire étant donné qu'on m'avait enseigné qu'en tant qu'invité dans un autre foyer, je devrais être au second plan et que le chef du foyer devrait être celui qui décide de ce qui est fait et de  ce qui est à faire.  Il était, cependant, reconnaissant pour l'offre de cette bénédiction.  Le président de pieu et moi l'avons dûment bénis ensemble et lorsque nous avons terminé il était visiblement ému par l'expérience spirituelle.

    Cependant, quand il se leva, il m'a demandé si moi ou le président de pieu voudrait bénir sa femme au lieu que ce soit lui qui le fasse.  Je me suis surpris répondant: 'Non, c'est vous qui devriez bénir votre femme.' Il nous a dit qu'en dépit d'être marié depuis dix ans, il ne lui avait jamais donnée de bénédiction et était mal à l'aise de le faire maintenant.  J'ai dit:  'Nous allons vous aider.  Nous allons vous expliquer ce que vous devez faire et vous donner toute l'aide dont vous avez besoin, mais vous devez donner la bénédiction.'

    Après lui avoir expliqué ce qu'il devrait faire, et lui avoir fait répéter ce qui était nécessaire pour lui de dire pour commencer et terminer la bénédiction, il se mit à donner à sa femme une bénédiction des plus tendres et des plus merveilleuses. Quand il eut fini, nous avions tous les yeux humides. Notre invitation pour qu'ils reviennent aux ordonnances de l'évangile a ensuite été acceptée.

    À la suite de cette tendre expérience, le président de pieu a été inspiré dans son discours aux membres de son pieu le lendemain,  invitant tous les détenteurs de la prêtrise présents à rentrer à la maison et de bénir les membres de leur famille. A la fin de cette session du dimanche de la conférence, j'ai eu une inhabituelle mais convaincante inspiration à aborder une jeune femme qui était assise sur le côté de la chapelle à dix rangées de l'avant, et lui ai demandé si elle aimerait que je lui donne une bénédiction. Je n'avais jamais ressenti un telle inspiration avant, ni depuis lors. Je ne connaissais pas la femme, mais l'inspiration était forte que j'y ai répondu, me sentant un peu maladroit. Elle a été surprise et, étant pris de court, d'un ton hésitant: 'Non merci.' J'étais un peu reconnaissant pour sa réponse négative, ayant le sentiment que j'avais fait comme l'Éternel l'avait demandé, mais ne sachant pas pourquoi il avait demandé. Je suis retourné avec le président de pieu à l'avant et a avons continué à saluer les membres. Ensuite cette même jeune femme s'avança et me demanda si j'étais toujours désireux de lui donner une bénédiction. Bien sûr, j'ai accepté et suggéré qu'elle aille au bureau du président de pieu où nous la rejoindrons peu après avoir fini de saluer ceux qui étaient là.

    Au terme des salutations, j'ai demandé au président de pieu qui était la jeune femme et s'il pouvait me dire quelque chose à son sujet. En cours de chemin pour son bureau,il a expliqué qu'elle venait juste de commencer à retourner à l'Église après une dizaine d'années d'inactivité totale. Elle vivait seule mais avait vécu d'une manière totalement contraire aux normes de l'évangile pendant ces dix années.

    Le président de pieu et moi avons ensuite parlé avec la jeune femme qui nous a confessé ses sentiments d'indignité et sa vie précédente où elle avait tout simplement fait ce qu'elle voulait sans se soucier des choses spirituelles.  Mais elle a connu un éveil à l'évangile et maintenant a réalisé qu'elle s'était écartée  tellement loin derrière dans son développement spirituel qu'elle ne pouvait voir aucun espoir de pouvoir se rattraper.

    Nous avons continué à lui enseigner que les ouvriers qui sont entrés dans la vigne plus tard pouvaient encore recevoir la même récompense (voir Mathieu   20:1-10) et lui avons donné une bénédiction de la prêtrise. Étant la voix de cette bénédiction, j'ai été submergé par l'effusion d'amour du Seigneur pour elle.  C'était un sentiment plus puissant que ce que j'avais ressenti avant, celui qui m'a fait prendre conscience que j'étais en présence d'un esprit particulièrement noble.  Lorsqu'elle se leva de la chaise au terme de la bénédiction, il y avaient deux lignes noires allant du bas de ses yeux au bas de son menton.  Il n'y avait pas de mascara à l'endroit où ils avaient été appliqués. Et les trainées sous mes yeux, bien que pas aussi clairement délimitées, étaient similaires dans l'écoulement.

    Le Seigneur m'a permis de voir que cette jeune femme exceptionnelle était dans les premiers moments du processus que nous devons tous connaitre pour atteindre notre potentiel ici sur la terre.

    Comme l'apôtre Paul a enseigné aux Galates, cette vie est le moment où l'esprit doit dompter la chair. 'Car la chair a ses désirs contraires à ceux de l'esprit, et l'esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez.' (Galates 5:17)

     Atteindre notre potentiel nécessite que nos esprits régissent nos corps, au lieu que 'l'homme naturel' (Mosiah 3:19) prévale. Beaucoup dans le monde semblent ne pas s'impliquer dans cette bataille. Les appétits de la chair régissent leur vie et la chair dompte l'esprit.

    Cette jeune femme était sur une voie qui permettrait à son esprit de soumettre la chair. Elle avait commencé une lutte qu'elle était déterminée à gagner.

    Quand j'ai quitté ce pieu, j'ai demandé au président de pieu de me fournir les coordonnées de ceux que j'avais rencontré ce week-end afin que je puisse les encourager à continuer sur les chemins qu'ils s'étaient fixés et de se rappeler les engagements qu'ils avaient pris.

    La jeune femme a continué à progresser, et ce, rapidement. Elle a commencé, par sa foi, à «marcher selon l'Esprit» (Gal. 5:16, 25) et à «vivre par l'Esprit» (Gal. 5:25). Elle est restée en contact avec moi et m'a confié les défis majeurs auxquels elle a fait face et a depuis fait face. Elle est devenue une amie très chère à notre famille. Et nous avons vu la force de son esprit lorsqu'elle s'est rapprochée davantage du  Sauveur. Elle a bénéficié des bénédictions du temple, a servi comme servante au temple et, en restant toujours absolument fidèle, rayonne le don spirituel de la charité et de bonté. Au moment où j'écris ceci, elle vient d'annoncer ses fiançailles avec un merveilleux jeune homme digne à qui elle sera bientôt scellée.

    Le spirituel a clairement dompté le temporel en cette jeune dame.  Nous avons vu son cœur devenir aussi pur que tout et elle n'a plus de disposition à faire le mal, mais à faire continuellement le bien (voir Mosiah 5: 2).  La connaissance du Seigneur de la noblesse du dévoilement de son âme était la cause de l'inspiration que j'ai reçue ce jour là. Ce fut une bénédiction pour moi de voir Sa Puissance et Sa grâce s'exprimer en voyant cette jeune fille de notre notre Père céleste vivre et marcher par l'Esprit. Nous pouvons tous en faire de même.