Notre Patrimoine: Le Seigneur a Pourvu un Moyen – Huit Missionnaires Libériens fuient une Nation Ravagée Par la Guerre

    Notre Patrimoine: Le Seigneur a Pourvu un Moyen – Huit Missionnaires Libériens fuient une Nation Ravagée Par la Guerre

    L’Église des SDJ était encore à ses débuts au Libéria lorsque la guerre civile a éclaté dans cette nation Ouest Africaine, et a menacé les membres et les branches et dévasté tout un pays.

    Quand la guerre avait éclaté à la fin de l’année 1989, huit missionnaires natifs du Libéria servaient dans le pays. Vers juillet 1990, les conditions étaient tellement mauvaises que ces missionnaires s’étaient enfermés dans leurs maisons, ne pouvant pas enseigner l’Évangile et forcés de risquer une mort possible juste pour rencontrer les membres. Il y avait peu de nourriture à manger, et il était difficile et très coûteux d’obtenir du carburant pour les voitures.

    Avec leur travail tournant presque à une interruption complète, les frères Marcus Menti et Joseph Myers, dirigeants de zone à Monrovia, avaient décidé d’aller partout où ils devaient aller afin de terminer leurs missions et servir comme ils avaient été appelés à faire. Cela voulait dire quitter le Libéria, ensemble avec les autres quatre missionnaires servant à Monrovia- Taylor Selli, Joseph Forkpah, Roverto Chanipo, et Dave Gonquoi-ils avaient conçu un plan. Avec l’aide de Philip Abubakar, conseiller dans la présidence de branche locale et chauffeur des missionnaires, les missionnaires avaient planifié de voyager au Nord vers la Sierra Leone, traverser la frontière, ensuite continuer jusqu’à Freetown, où leur présidence de mission, n’étant pas natifs du Liberia, avaient déjà été forcés de fuir.1

    Avec l’essence qui était rare et des tas de points de contrôle entre Monrovia et la frontière, le plan paraissait irréalisable.

    « Notre chauffeur lui-même n’était pas vraiment convaincu que nous y parviendrions, » se souvient Menti. « Il a presque dit à ce moment, ‘nous ne pouvons pas y parvenir. » Nous l’avons encouragé et adouci son cœur maintes et

    maintes fois et il a enfin réalisé que nous sommes missionnaires et que nous étions inspirés à faire ce à propos de quoi nous avions prié et jeûné. Nous avions encore récité 1 Né 3:7 et étions convaincus ensuite que nous pouvions faire notre voyage.”2

    Avant qu’ils ne pussent quitter, cependant, il y avait un ordre crucial des choses à faire: trouver et ramener le dernier groupe des missionnaires au Libéria, les frères John Gaye et Prince Nyanforth, qui servaient juste en dehors de Monrovia, à Paynesville.

    Délivrés de la mort

    La guerre civile libérienne qui avait éclaté à la fin de l’année 1989 était motivée par le désir d’évincer un président dont le traitement partisan de sa propre tribu, les Krahns, avait entretenu des tensions ethniques et provoqué des agitations dans le pays. Les rebelles ciblaient ainsi les membres de la tribu Krahn et tuaient régulièrement les civils appartenant à ce groupe.

    « Si je sors là dehors et je meurs alors tu diras à la paroisse que ce missionnaire est mort pour cette cause. »

    Pour le frère John Gaye, un Krahn, la menace était réelle. Lui et Nyanforh s’étaient enfermés dans leur maison pendant quelques temps quand les rebelles étaient descendus à Paynesville, et Gaye n’avait pas osé quitter, à la place il persuadait Nyanforth, en le cajolant d’aller chercher de la nourriture.

    Ils tuaient des gens, alors je lui demande, je dis, « Si je sors là dehors et je meurs alors tu diras à la paroisse que ce missionnaire est mort pour cette cause, » dit Nyanforh plus tard. Il réussit à obtenir quelques provisions pour les missionnaires et rentra à la maison sain et sauf -mais seulement juste.

    « Je lui ai dit que je ne sortirais plus dehors parce que deux ou trois personnes étaient tuées, et j’ai peur d’aller dehors pour mourir, » dit-il. « Les rebelles marchaient dans les environs, et les gens étaient en trouble. »3

    Après plusieurs jours, les voisins des missionnaires planifièrent leur exode. Ils invitèrent les missionnaires à les rejoindre, et Gaye et Nyanforth firent ainsi. Mais comme le groupe était en train de quitter le lieu, ils furent appréhendés par les rebelles.

    « Ils étaient venus nous interroger-pour savoir d’où nous étions, » dit Nyanforh. 4

    Gaye se souvient que les rebelles paraissaient « aussi féroces que des loups affamés » quand ils interrogeaient chaque personne pour déterminer leur origine ethnique et d’autres renseignements. Mais avant qu’ils n’arrivent aux missionnaires, l’obscurité était tombée et les rebelles avaient décidé d’attendre jusqu’à l’aube pour poursuivre leur investigation.

    « Pendant toute la durée de la nuit, j’avais été en communion avec mon Père céleste, » écrivait Gaye plus tard. « Bien que j’étais dans une profonde détresse, j’étais sûr de l’aide du Seigneur. »

    Le matin, les soldats ont repris leur interrogatoire. Avec juste une personne de plus à interroger avant qu’il ne fût le tour de Gaye, le missionnaire se souvient qu’il «  fit un signe de [sa] tête et commença à se faire des idées du paradis. »

    Avec son compagnon l’encourageant de « faire confiance en Dieu, » Gaye attendait son destin. Mais avant qu’il ne fût interrogé, un visage familier arriva.

    « C’était un Saint que le Seigneur a envoyé pour secourir mon compagnon et moi, » se souvient Gaye. « Il est un membre de l’Église qui est en train de se battre pour les rebelles. Il savait que j’étais l’un de ceux qu’on cherchait, mais il cacha mon identité à ses collègues. »

    Nyanforh dit que le soldat rebelle était greffier dans leur branche et avait reconnu les missionnaires. Le rebelle SDJ a dit aux soldats que ces hommes étaient des frères de son Église, et sans plus de question, les missionnaires furent libérés.5

    Les missionnaires furent acheminés dans un camp des réfugiés à vingt et un kilomètres de Monrovia, et c’était lors de leur court séjour là-bas que les autres

    missionnaires à Monrovia étaient en train de planifier leur fuite. Les missionnaires avaient envoyés quelqu’un à la recherche de Gaye et Nyanforh, mais au moment où les chercheurs étaient allés à Paynesville, les missionnaires étaient déjà partis.

    S’enfuir de Monrovia

    Les six missionnaires et leur chauffeur ont commencé à chercher de l’essence pour faire leur voyage et finalement ils avaient échangé une moitié du sac de riz contre quinze litres- bien qu’ils savaient que ça n’allait pas suffire pour le voyage de 595 kilomètres sur des routes en mauvais états.

    Le 15 juillet 1990, les sept hommes s’étaient préparés pour leur voyage. Ils avaient tenus, avant toute chose, une réunion de Sainte-Cène le matin, ensuite ils avaient planifié de quitter pour Freetown. Mais des petits retards continuèrent à repousser le début de leur voyage.

    Il était après-midi avant qu’ils n’aillent au siège de la mission informer leur président de mission suppléant de leur plans et dire au revoir, et il était 2:00 de l’après-midi avant qu’ils ne quittent le siège de la mission pour Freetown. Le timing s’avéra fortuit.

    « Aussitôt que nous descendions les escaliers au siège de la mission, nous avions rencontrés, dans les escaliers, nos deux missionnaires qui avaient disparus » se souvient Abubakar.6

    Après avoir passé une semaine dans le camp des réfugiés, Gaye et Nyanforh, après plusieurs jours de jeûne et prière, s’étaient senti inspirés ce matin-là, de quitter Monrovia. Après huit heures à pied, ils étaient arrivés au siège de la mission juste à temps pour se joindre à leurs collègues missionnaires dans leur fuite vers la Sierra Leone.7

    Avec seulement une Toyota Corolla à cinq sièges qu’Abubakar avait préservée contre le vol en enlevant les pneus et la batterie lors de des combats, les huit missionnaires et leur chauffeur s’étaient mis en route. Avec l’ajout de quinze

    litres d’essence qu’ils avaient marchandés, le réservoir contenait un total de vingt et un litres d’essence quand ils avaient entrepris leur voyage.

    Menti se rappelle que tout le monde, y compris leur président de mission suppléant, avait émis des réserves à propos des missionnaires voyageant avec si peu de carburant et des perspectives sombres d’obtenir plus de carburant en cours de route.

    « Certains dirent que nous finirions par pousser la voiture sur plusieurs kilomètres vers la frontière,” écrivait-il. ‘Nous avions considéré leurs inquiétudes et cité 1 Né. 3:7 et toutes étaient raisonnables. »

    C’était moins que cent soixante et un kilomètres de la frontière, mais avec neuf hommes adultes dans une petite Sedan et plus de cinquante points de contrôle auxquels ils seraient stoppés en cours de route, toutes les attentes étaient pratiquement contre eux. Néanmoins ils s’étaient mis en route ayant foi que « Dieu [pourvoirait] pour Ses Saints. »8

    « En route, » Menti se souvient, « frère Philip notre chauffeur avait observé avec étonnement le jauge de carburant ne changeait pas du tout après avoir voyagé 23 à 29 kilomètres. il était très étonné. Nous ne l’étions pas car nous savions que le Seigneur pourvoirait un moyen. »9

    Les missionnaires arrivèrent à Sierra Leone ce soir-là avec de l’essence de trop, et étaient en mesure d’acheter dix-neuf litres en plus à la frontière au prix fort réduit de $6.6 (libérien) par litre; le taux en cours en ce moment-là était de $22.5 (libérien) par litre, quand le carburant pouvait être trouvé.

    « Il était très étonné. Nous ne l’étions pas car nous savions le Seigneur pourvoirait un moyen. »

    Quand ils étaient arrivés à la frontière, le poste de contrôle de l’immigration avait déjà fermé pour la nuit, alors les missionnaires passèrent la nuit en dormant dans la voiture à tour de rôle. Le lendemain matin, un autre obstacle survint encore.

    De neuf personnes dans la Corolla, seulement trois avaient des passeports. De six restantes, deux seulement avaient des cartes d’identité nationales qui leur permettraient de traverser la frontière. Après avoir été initialement informés qu’ils devaient rentrer à l’ambassade à Monrovia, ils furent plus tard appelés à l’intérieur et on leur avait dit que les officiers d’immigration les aideraient, parce qu’ils étaient missionnaires.10

    Une fois de l’autre côté de la frontière, le voyage devint plus difficile d’une certaine manière, comme les routes en Sierra Leone étaient de loin inférieures à celles au Libéria. A un poste de contrôle, on avait dit à ces hommes que les 23 kilomètres de route qui suivaient étaient tellement mauvais que beaucoup de voitures étaient endommagées et étaient abandonnées à leur sort le long de la route. A certains égards, il y avait des trous sur la route que la voiture devait être poussée ou soulevée.

    « A certains endroits où la route était en très mauvais état, je demandais aux frères missionnaires de descendre et de courir après moi pendant que je conduisais à travers des parties rugueuses de la route, » écrivait Abubakar. « J’étais très prudent avec le tuyau d’échappement et les pneus. »

    Menti se rappelle avoir couru après la voiture sur des parties de route aussi longues que trois kilomètres et demi. En cours de route, ils passèrent plusieurs voitures embourbées sur la route, y compris plusieurs modèles beaucoup plus chers que leur Toyota. Grâce à l’attention d’Abubakar, les missionnaires avaient parcouru tout le trajet sans s’embourber. Plus tard, lorsque les voitures plus rapides, moins chargées se dépannaient et dépassaient les frères missionnaires, ils exprimèrent leur étonnement.

    « Quand la route était plus tard redevenue en bon état ils nous dépassèrent à certains points de contrôle, » dit Menti. « Nous pensons qu’ils étaient étonnés de voir une Toyota sedan passant à travers des routes en mauvais état pendant que les Mercedes ne pouvaient pas. Ils nous avaient alors dit ‘vous avez un bon chauffeur’ et ils l’applaudirent. »11

    Plus tard cette nuit-là, après trente-quatre heures de route, les huit missionnaires et Abubakar arrivèrent à la maison du président de mission Miles Cunningham à Freetown.

    Après avoir nourri le groupe des missionnaires Libériens affamés, sales, fatigués, ils avaient été amenés dormir leur première nuit paisible, en sécurité, depuis bien plus de deux mois,” écrivait Walter Stewart, un missionnaire d’âge mûr en provenance des États-Unis qui vivait aussi dans le foyer missionnaire de Freetown.

    Pour les missionnaires, le déplacement était monumental. La plupart n’avaient jamais quitté le Libéria auparavant, mais le désir de poursuivre leur service où ils pouvaient fut plus grand. Un mois plus tard, c’était évident pourquoi: Avec les missionnaires assignés aux trois branches en Sierra Leone, les taux des baptêmes s’éleva et le nombre de branches doubla rapidement.

    « Tout ce dont on avait vraiment besoin pour ouvrir des branches c’était plus de prêtrise, » se rappelle Stewart, qui qualifia aussi les missionnaires d’être mieux à même de communiquer avec les natifs que les couples Américains ne l’avaient été, aussi bien que bien équipés à communiquer avec les membres et amis de l’Église.

    Ils « avaient amené un puissant esprit de foi et de dévouement à cette partie de la mission, sûrement produit de terrible choses dont ils ont souffert dans leur chère terre natale, » dit Stewart. « Ils sont les premiers à reconnaitre la main de Dieu dans cet exode modern miraculeux. »12

    « Nous savons que le seigneur [avait] plus de travail pour nous ici en Sierra Leone, » dit Menti. « Plusieurs parties ont été ouvertes à la prédication de l’Évangile. Notre voyage, bien que difficile qu’il était, le Seigneur avait pourvu un chemin. »13