Une Mission Interrompue par Le Gel

    Une Mission Interrompue par Le Gel

    Mon père, Billy Johnson, connu de beaucoup comme le premier dirigeant de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours au Ghana, était une âme très simple avec une grâce peu commune.  C'était un homme qui était adonné à la prière.  La prière était la source de sa force.  Le jeûne constant était son arme spirituelle. Mon père pendant toute sa vie ne s'est pas moqué de Dieu; il a gardé strictement les commandements et a essayé de servir les autres. Son dévouement enthousiaste envers Dieu et envers l'Évangile rétabli a enflammé mon vif désir et  mon intérêt ardent d'être aussi au service de Dieu. Ainsi donc à dix-huit ans, j'ai envoyé mes dossiers pour le service missionnaire.

    Ma Mission

    Ma Mission

    Immédiatement après avoir été diplômé du lycée au Ghana, j'ai été appelée à faire une mission à plein temps dans mon propre pays.  Je n'avais que 18 ans.  En Septembre 1988, je suis entrée au CFM à Accra Osu Christiansburg, très contente, mais en même temps remplie d'émotions.

    Une des choses uniques de ma mission était le fait qu'aucun des missionnaires au CFM n’avait fréquenté le temple avant de servir leurs missions. Nous avons tous fait une mission sans la dotation du temple, tout comme c'était le cas des pionniers d'antan. Néanmoins, nous étions disposés à être des instruments entre les mains de Dieu.

    J'ai servi sous la direction de Président Gilbert Petramelo et de Gretchen, son épouse.  Ma première zone en mission était Koforidua dans la région orientale du Ghana, «le secteur le plus fertile» de toute ma mission.  Ma première compagne, Doe Kaku, plus tard, membre de la présidence de la Société de Secours du pieu de Cape Coast, Ghana, et moi étions les premières sœurs missionnaires à travailler dans ce secteur.  J'ai été bénie de servir aux côtés d'une compagne qui était spirituellement disposée. Et nous étions sur la même longueur d'ondes quand il s'agissait de suivre les persuasions de l'esprit. 

    Avec la prière et le jeûne constants, nous avons très bien réussi à trouver des amis, à leur enseigner l'Évangile, et faire des baptêmes.  Nous avons eu notre part des persécutions, mais nos succès l'ont emporté sur nos persécutions.  Nous avons été bénies avec beaucoup de baptêmes presque tous les mois, mais inutile de mentionner que  toutes nos discussions avec les amis de l’église ne se concluaient  pas toujours avec un engagement au baptême.  A une occasion, nous avions eu la chance de rencontrer Frère Pace qui était en visite au Ghana.  Il a eu une conversation avec ma compagne et moi.  Puis il a demandé : « Combien de personnes avez-vous à enseigner?»   Quand nous avons répondu, «Soixante-six», il a été agréablement surpris.  

    Je suis devenue un instrument entre les mains du Seigneur pour amener plus d'une centaine d'âmes au Christ.  Cette œuvre est spirituelle; et il faut de la spiritualité pour l'accomplir.  Amener des âmes au Christ ne peut jamais être accompli sans l'esprit de Dieu.

    La mort d'un Évêque à Londres a apporté le salut à beaucoup dans un petit village Africain.

    La mort d'un Évêque à Londres a apporté le salut à beaucoup dans un petit village Africain.

    L’un de mes moments les plus humbles de ma mission a été pendant que je servais à Koforidua, quand un couple d'âge mur de l'Angleterre, Frère et Sœur Reeves, ont été affectés à servir dans la même branche que nous.  En Angleterre, l’évêque des Reeves, feu Évêque Danso, était originaire du Ghana, et quand ce bon évêque a perdu sa bataille contre une maladie en phase terminale, son corps a été envoyé au Ghana pour être enterré dans sa ville natale, qui est situé près de Koforidua.  

    Lorsque les Reeves ont été appelés à servir à Koforidua, leur paroisse en Angleterre leur a demandé de déposer une couronne sur sa tombe.  Cet acte de bonté a ouvert la porte à une œuvre merveilleuse.  Ma compagne et moi, les Reeves, et le président de la branche de Koforidua, Richard K. Ahadjie, étions rendus à Akim Mase, la petite ville de l'évêque défunt ; ce fut un moment mémorable. 

    Cet évêque défunt, Twum Danso, était d'une famille royale. Nous avions donc eu besoin d'obtenir la permission pour visiter le cimetière royal.  Ainsi donc, nous avions visité le palais «Akim Mase» et rencontré le chef et ses aînés.  Les Reeves ont informé le chef et les autorités du palais de l'objet de leur visite et aussi de leur désir de partager l'Évangile.  Nous avons été autorisés à visiter le cimetière pour déposer la couronne et par la suite défilé à travers la ville avec l'aide des hommes du roi.  Plus tard, nous avons convenu d'une date avec le palais pour présenter l'Évangile aux dirigeants de la communauté, ce qui tomba une semaine après notre visite. C’était un spectacle à voir. 

    Le premier enseignement a eu lieu au palais. C'était un enseignement de masse.  La plupart de nos amis de l'Église étaient des enseignants des écoles de la ville; dont la plupart ont fini par accepter l'Évangile et se sont engagés au baptême.  Notre premier service de baptême enregistrait trente convertis. Ensuite le deuxième vingt-sept. Puis au troisième, vingt et une âmes sont entrées dans les eaux du baptême.  La plupart de ces convertis sont devenus les premiers dirigeants du groupe d'Akim Mase.  La mort de l'évêque Danso en Angleterre a indirectement apporté le salut à des dizaines de personnes merveilleuses dans un village lointain et la bonté d’une seule paroisse a accéléré le salut d'un grand groupe de nouveaux convertis.  Comme il est bienveillant ce Dieu que nous servons! 

    En Avril 1989, mes parents ont été appelés à faire une mission à plein temps.  Ils ont fait le CFM de Londres en Angleterre et sont retournés au Ghana pour servir à Koforidua, la même zone où je servais. En fait, nous servions ensemble dans la même paroisse!  Je vivais à environ trois kilomètres de mes parents. 

    Juste quelques semaines après le début de leur mission et mon neuvième mois en mission, le 14 Juin 1989, le Gouvernement du Ghana interdit les activités de l'Église pour s'être prétendument conduite d'une manière qui portait atteinte à la souveraineté du pays.  Ma compagne, sœur Hetty Brimah et moi étions en train de faire du prosélytisme quand les nouvelles ont été diffusées au public, mais nous n'étions pas au courant de la situation.  Nous nous sommes vite rendues compte que beaucoup de gens nous regardaient (plus que d'habitude), et ma compagne a fait la remarque et a demandé: «Pourquoi tout le monde nous regarde de la sorte?» Sans me douter de quoi que ce soit, j’ai répondu: «c'est parce que nous venons du salon de coiffure et que nous sommes belles à voir ». 

    Immédiatement quand nous sommes arrivées à notre appartement, notre propriétaire, le défunt Patriarche D.K Boateng, nous a dit que nous devions nous rendre à la maison de la mission locale (la maison de mes parents).  Mon père, Frère Billy Johnson, nous a dit la triste nouvelle et nous a conseillé de rassembler nos effets personnels, car nous devions tous nous rendre à la maison de la Mission d'Accra tôt le lendemain matin.  Mon père était très calme quand il nous a dit les nouvelles et il y eut une période de silence.  Il devint furieux par la suite et hurla: «Ceci est l'œuvre du diable, et nous devons le combattre avec des prières et le jeûne».  Lorsque nous sommes arrivés au siège de la Mission d'Accra tôt ce matin-là, la cour était remplie de missionnaires; un spectacle que je n'oublierai jamais dans ma vie.  Il n'y avait personne qui pouvait retenir ses larmes; tout le monde pleurait.

    Le 12 juillet 1989, tous les missionnaires [y compris moi-même ont été honorablement relevés] à rentrer à la maison jusqu'à nouvel ordre.  Mes parents étaient les seuls missionnaires servant en cachette ; ils ont continué leur mission à plein temps sans porter de badges.  Leur mission était de fortifier les membres au cours de cette période ; pour les amener à conserver leur foi et à attendre la reprise des activités de l'Église. 

    Le retour soudain de mission après seulement dix mois a été un moment de grande confusion dans ma vie.  J'avais l'impression d'avoir perdu tout ce qui avait de l'importance dans ma vie.  Je ne pouvais pas retourner immédiatement à l'école en raison de la période de l'année, et je n'arrivais pas à trouver du travail.  Tous les missionnaires de retour faisaient face au même défi.  J'étais très désireuse de terminer ma mission comme je l'avais promis à mon Père céleste, mais puisque je n'étais pas sûr de quand la mesure de suspension serait levée, j'ai décidé alors de trouver un emploi temporaire en attendant. En l'espace de quelques mois, Abbey Benjamin, directeur marketing, qui était l'un des missionnaires de retour, m'a offert le poste de représentant Marketing et de Vente à Cadbury Ghana Limited situé dans la région de l’ouest.

    Pendant cette période d'attente, j'ai décidé de préparer aussi bien ma vie future. Je me suis donc inscrite à un cours du soir pour me rattraper en mathématiques et en biologie pour poursuivre mes études. J’ai excellé avec mes classes de rattrapage et ai même été admise à étudier au Holy Child Teachers Training College.

    En Septembre 1990, avant la fin du premier semestre, le Gouvernement Ghanéen a finalement levé le gel de 18 mois sur l'Église. Cela a été effectif en Novembre 1990.  Je me suis sentie obligée de retourner et terminer ma mission. Quand je suis rentrée en famille pour les vacances de Noël, je ne suis plus retournée à l'école.  J’ai mis de côté mes études pour terminer ma première priorité dans la vie, à savoir celle de «Servir Dieu». 

    Je suis retournée en mission au début de Février 1991, sous la présidence de Grant Gunnell et de son épouse.  Quand je suis rentrée sur le champ de la mission pour la deuxième fois, j'ai compris clairement pourquoi mon esprit était si désireux de remplir mon devoir envers Dieu.  Après le gel, il n'y avait pas de CFM au Ghana pendant environ six mois. Tous les missionnaires  qui servaient préalablement prenaient leurs Ecritures, se rendaient à la maison de la mission, et ensuite partaient sur le champ sans aucun problème.  Mais les problèmes ont rapidement commencé quand les nouveaux missionnaires arrivaient sans aucune formation préalable.  Leur manière de faire nécessitait une attention immédiate.  J'étais devenue du coup la formatrice des nouvelles sœurs missionnaires ainsi que celle qui aidait et encourageait spécialement celles qui avaient besoin d'aide pour rester concentrées.  J'ai très bien réussi mes deux missions, parce que j'ai fait tout mon possible pour être en phase avec l'esprit.  J'étais soumise à la volonté du Seigneur et j'ai appris à écouter les murmures de l'Esprit.  J'ai été finalement relevée de ma mission le 12 Mars 1992, après un service supplémentaire de 13 mois.  Au total, j'ai servi 22 mois en mission.

    En Janvier 1997, j'ai été bénie de fréquenter à BYU-Hawaï le dans le cadre du programme Travail-Etudes.  En raison de changements dans ma vie, j'ai voyagé à New Jersey pour terminer ma Licence en Sciences Informatique et ma Maitrise en Science des Systèmes  d'information.  J'ai rencontré et épousé mon mari Vernon O. Haney, et nous avons été béni avec un précieux cadeau, ma fille Veronica Haney.

    L'Évangile a toujours été au centre de ma vie à travers de nombreux appels que j'ai magnifiés, comme instructrice de l'école du Dimanche, missionnaire de paroisse, directrice de musique de paroisse, membre de la présidence de la Société de Secours et dirigeante dans le pieu des membres africains.  La participation active dans l'Église a été ma plus grande source de force et de soutien.